Superalliance !!
Découverte d'une alliance entre les dauphins !
Des scientifiques ont découverts que le dauphin était capable de s'associer selon la situation.
Pour la 1ère fois, des chercheurs canadiens et américains ont mis en évidence l'existence de "superalliances" de mâles cétacés dans leur milieu naturel, une performance qui révèle également le manque cruel de connaissance sur ces animaux !
Peu d'espèces sont dotées d'un véritable sens social, le dauphin en est pourvu !
Dés 1992, des chercheurs ont montré la coalition entre 2 ou 3 mâles Tursiops truncatus (grand dauphin) en Australie et en Floride. Une coalition stable et durable. Ainsi plusieurs de ces coalitions peuvent "collaborer" entre eux selon les situations, mais peuvent aussitôt redevenir rivaux dans d'autres circonstances.

Richard Connor de l'université du Massachusetts aux Etats Unis, Michael Heithaus de l'université Simon Fraser au Canada ont maintenant trouvé un autre type d'alliance.
En Australie, les spécialistes ont observé des associations extrêmement labiles de 14 mâles tursiops (grand dauphin). Sur les 3 ans qu'ont duré leurs recherches, 39 alliances différentes dont 35 trios et 4 duos sont apparus.
Et parmi les 14 dauphins, 9 comptaient au moins 8 partenaires appartenant tous à la superalliance.
Ces coefficients correspondent à la force qui lie deux individus et varient d'une valeur nulle, lorsqu'ils ne s'associent jamais, à 100, le maximum.
En général, les paires stables possèdent une valeur minimale de 80, similaire à celle des mères et de leurs petits. Or, dans la superalliance, le coefficient moyen avoisine les 58, un résultat plutôt faible.

Comment expliquer une telle coopération ? Selon les trois chercheurs, il n'existe aucune réponse sûre à cette question.
Ils ont néanmoins noté que lors de conflits, certains membres de la superalliance pouvaient franchir plusieurs kilomètres afin d'aider leurs partenaires. Et le groupe était à chaque fois victorieux. "C'est véritablement une première, s'enthousiasme Pierre Beaubrun de l'université de Montpellier II. Si ce type de comportement n'est pas pour m'étonner, les dauphins étant particulièrement sociables, le fait qu'il ait été identifié en milieu naturel est sans conteste un exploit."
Il a en effet fallu aux trois éthologues une patience et surtout un acharnement extrêmes pour arriver à ce résultat. Si l'analyse des coefficients d'association est assez simple, le travail d'identification et de suivi des dauphins paraît titanesque. "Bien que les auteurs de l'étude n'indiquent pas leur méthodologie, explique Pierre Beaubrun, ils ont sans doute effectué des prises de vue photographiques à heures fixes. Il faut alors avoir une connaissance poussée de la population animale."
Connaissance qui fait malheureusement défaut aux chercheurs qui s'intéressent à d'autres parties de la planète comme la mer Méditerranée. "Nous sommes loin de pouvoir identifier des comportements aussi précis, ajoute Pierre Beaubrun. Nous savons à peine combien de dauphins croisent dans cette région." Grandeur du territoire à couvrir, faible nombre de spécialistes des cétacés, financements restreints qui les obligent à limiter leurs travaux à l'été... Rien ne concoure à une meilleure compréhension des dauphins de la Grande Bleue. "
Si ce genre de travail n'influence pas directement ceux des chercheurs européens, conclut Pierre Beaubrun, je serais pourtant ravi de voir naître des projets allant dans le même sens." Un souhait des plus légitimes quand on sait que bon nombre d'études du comportement des dauphins s'effectuent encore aujourd'hui en bassin artificiel.
article de Fabrice Demarthon
http://www.infoscience.fr/articles/articles_aff.php3?Ref=163